Chapitre 8 : Le monde est petit
PDV Edward
Tout en moi voulait la revoir, et pourtant mon instinct fut plus rapide ; d’un saut, je bondissait derrière une des colonnes de l’appartement. Rapidement, j’aperçu Jasper à ma gauche, un peu plus loin, et toujours avec la belle africaine.
A grands pas rapides, je le rejoignais, me cachais dans son dos, et risquait un nouveau coup d’œil. Bella était toujours là, ce n’était pas un rêve. J’entendis à peine mon meilleure dire à sa galante que j’étais un grand froussard et que j’aimais bien me faire oublier. Peu m’importait, à part plusieurs choses : elle, et la raison de sa venue.
Pourquoi était-elle ici, et avec Emmett ?! Rapidement, je me précipitais vers un banc, placé au fond de la salle, dans l’ombre et loin des regards.
D’ici, j’embrassais d’un regard toute la salle, et pouvait tout remarquer - une jeune femme blonde d’une beauté extraordinaire et au corps splendide qui dansait pas loin de moi, un homme de mon âge, très beau lui aussi, brun aux yeux bleus qui souriait à tout le monde mais restait en retrait, fixant quelqu’un dans la foule, la grande table disposée de l’autre côté de la pièce, où s’entassait les gobelets vides du punch offert, les assiettes de carton disposées un peu partout autour, encore remplies des miettes d’apéritifs, les canettes de bières jonchant le sol, les invités dansant au milieu de la piste éclairée par des faisceaux lumineux aux couleurs électriques, les corps s’enchevêtrant sur les canapés, les cigarettes dans les cendriers, les photographies accrochées aux murs.
Et puis d’abord, où était Alice ? Je me tournais dans l’autre sens, cherchant désespérément des yeux ma petite sœur. Comble du hasard, elle parlait avec quelqu’un. Plissant les yeux, j’aperçut son interlocutrice – car il était évident que c’était une femme, avec ses longues jambes fines. Bella ! La seule porte que j’espérais ouverte n’était pas accessible. Le sort s’acharnait décidément contre moi.
Dans un coin de la salle, dans l’ombre, j’entendis un bruit de verre cassé. Instinctivement, je tournais la tête vers la source du bruit. Jasper ! Il était dans un coin sombre, et coinçait la jeune femme contre un mur – elle n’avait pas l’air de s’en plaindre … Mais ce n’était pas elle qu’il détaillait, ahurit. Suivant son regard, je découvris l’objet de sa surprise : la belle blonde que j’avais repéré toute à l’heure. Je ne comprenais pas pourquoi il la regardait ainsi … Elle était très jolie, certes : un long corps fin et musclé, des traits parfaitement faits, des yeux bleus azurs transperçants et pétillants à la fois, une jolie bouche couleur rose, des pommettes hautes, et de magnifiques cheveux blonds comme l’or.
Soudain, la réalité me frappa de plein fouet, et tout comme Jasper, je lâchais ma coupe de champagne. Elle ressemblait en tout point à mon meilleur ami, si ce n’est qu’elle était une femme. Cela me semblait trop beau pour être vrai … Ce n’était pas possible, ça ne pouvais être elle.
Emmett appela la blonde. « Rosalie, vient voir ! »
Jasper tomba au sol, à genoux, et nos regards se croisèrent. Je me précipitais sur lui, le relevais en vitesse – plus rien ne m’importais maintenant, ni Bella, ni mes pauvres soucis d’attirance : seul le futur bonheur de mon ami m’envahissait petit à petit.
Il avait enfin, après tant de recherches, retrouvé sa jumelle disparue.
En entendant le bruit de la chute de Jasper, Rosalie se tourna vers lui, et s’approcha instinctivement. Elle se stoppa bien vite.
Il me semblait que tout se déroulait au ralentit, comme dans les mauvais films.
Je vis Bella se tourner à son tour, suivant le mouvement de la jumelle de Jasper, comme si elle la connaissait et qu’elle voulait savoir ce qu’elle regardait. Elle vit d’abord le blond qui s’appuyait sur le mur, regardant en face, toujours avec la même expression d’incrédulité, puis moi, qui tenait toujours son bras, regardant la même personne que lui. Elle devint soudain pâle en me voyant, je ne sais pour quelle raison. Cependant, elle voyait bien que quelque chose d’important se passait à côté, alors elle détourna ses prunelles chocolats de mon visage et les reporta sur Rosalie.
Cette dernière m’observa, à son tour, tournant légèrement la tête. Et doucement, des larmes coulèrent de ses beaux yeux bleus, identiques à ceux de son jumeau.
Doucement, ils prononcèrent le prénom de la personne qui leur avait tant manquée, pendant ses 5 dernières années. Je reconnu à nouveau la Rose avec laquelle j’avais joué, étant petit, puis adolescent, et le Jasper si doux et émouvant, avec une volonté farouche, de mon enfance quand ils se ruèrent dans les bras de l’autre.
Pour moi, tout s’était arrêté sur cet instant de bonheur et de retrouvaille, dans lequel je m’immisçais en m’approchant doucement et en touchant le bras de ma meilleure amie perdue.
-Oh, Jasper, Edward … murmura t’elle en sanglotant.
Jasper, lui aussi, pleurait. Je sentis sur mon bras levé une larme s’écraser. Une larme à moi. Nous pleurions ensemble, remplis d’une joie immense.
J’étais conscient que personne nous regardait, mis à part Bella, Emmett, la jeune africaine, et l’homme brun aux yeux bleus qui maintenant tenait les épaules de Bella ( je n’éprouvais, à ce moment, la pique de jalousie habituelle ; j’étais trop heureux pour cela ). Les gens autour de nous dansaient toujours, riaient toujours, buvaient toujours, et les baffles continuaient toujours de cracher leur musique.
-Mon Dieu, merci … continuais de chuchoter Rosalie.
Jasper étreignait sa sœur de toutes ses forces et murmurait son prénom. Je ne voyais presque plus rien, tout était flou, brouillé par les larmes.
Enfin, nous nous séparâmes, souriant avec béatitude. Rose nous touchait le visage.
-Comme vous êtes beaux … Vous n’avez pas changés …
Jasper lui dit combien elle lui avait manqué. Je vis du coin de l’œil Bella s’avancer timidement. La jumelle de Jazz la héla. Plus rien ne m’étonnais désormais, par conséquent je ne m’étonnais pas que mon amie connaisse la raison de mes précédents tourments. Cette dernière s’approcha, et Rosalie lui dit :
-Bella, je te présente mon jumeau, dont je t’ai si souvent parlé … Jasper Hall.
Mon ami sourit quand la brune poussa un petit cri de souris.
-Oh mon Dieu, souffla t’elle. Jasper !
Alors qu’elle ne l’avait jamais vu, elle semblait déjà le connaître. Elle lui sauta dans les bras mais se retira bien vite, ayant compris que c’était impoli étant donné qu’ils n’étaient pas familiers, et consciente du regard que je lui portais. Elle rougit fortement et marmonna des excuses ; Jasper éclata de rire et lui dit que ce n’était pas grave. Les deux jumeaux ne parlaient pas, juste se contemplaient : ils avaient retrouvés cette connexion incroyable qui m’impressionnait, quand Rose était encore à Seattle avec nous. Ils se comprenaient sans même émettre un son. Ils étaient dans leur bulle.
A son tour, Emmett s’approcha. Il hésita, car il m’avait vu depuis pas mal de temps et semblait vouloir venir me voir. Mais au dernier instant, il se ravisa et s’approcha de Rosalie.
-Emmett … Voici Jasper.
Je crus entendre mon ami entraîneur soupirer de soulagement. Mais je n’en étais pas sûre. Il regarda la jeune blonde et lui sourit.
-Tu l’as retrouvé ! s’exclama t’il. Je suis tellement heureux pour toi !