Chapitre 1 : Retrouvailles
- Mademoiselle, si vous voulez bien attacher votre ceinture …
Je fixais l’hôtesse de l’air. Grande, rousse, avec un tailleur un peu trop serré … Son badge indiquait qu’elle s’appelait Victoria. Ok … Elle ressemblait à toutes ces filles que la nature avait gâtées et qui du coup, se la jouait un peu trop. Elle était pourtant jolie … Le gars de l’allée d’à côté la lorgnait du regard. Je soupirais.
J’attachais ma ceinture en vitesse et continuais de pianoter sur mon Iphone.
-Excusez-moi mais … Pouvez-vous éteindre votre téléphone portable s’il vous plaît ?
Elle a décidé de me saouler tout le vol ou quoi ?! Déjà, en une demi-seconde, j’envoyais à Rose un « Dsl dois fermer mon portable. Bsx ». De mon doigt manucuré ( il faut bien ça ! ) j’appuyais sur la touche d’arrêt.
-Voilà ! dis-je d’un ton un peu trop brutal.
Je faillis rajouter un « Vous êtes contente ?! » mais je me retins. Mieux valait être poli.
Une petite fille revint des toilettes dans les bras de sa maman. Elles s’assirent à côté d’un homme que je supposais être le père. Le couple souriait et l’enfant riait.
Je ressentis cette pique au cœur si familière. Celle que j’éprouvais quand je voyais ce que j’aurais pu avoir … Une famille, un père, une mère.
Mais j’étais heureuse.
J’avais Emmett, mon grand-frère adoré, j’avais Rosalie, ma meilleure amie et la petite amie de mon frangin. J’avais tous mes amis du lycée et de l’orphelinat. J’étais, sans me vanter, belle et intelligente. J’avais décroché avec brio mon diplôme de littérature. J’étais professeure de lettres. J’avais beaucoup d’argent, laissé par ceux qui un jour avaient étés mes parents.
Alors pourquoi je savais qu’ils me manquaient ? Ils ne voulaient pas d’Em’, ni de moi.
Alors pourquoi je n’arrivais pas à les détester entièrement ? Au point de ne pas désirer, un jour peut être, les revoir ? Parce que c’est tes parents. Grmff.
Voulant sortir de ce genre de réflexion, je m’allongeais dans le fauteuil de cuir blanc ( première classe s’il vous plaît ! ) puis actionnais l’écran de télévision. Je choisis un de mes films préférés, 27 robes, et m’en régalais de bout en bout. Un fois le film finit, je sortis un bouquin de mon sac, « Twilght, Breaking Down ». J’étais accro à ce fichu bouquin. L’héroïne, Kristen Stewart, avait ce que je désirais le plus ; son Robert Pattinson, son chéri sur qui elle pouvait compter. Aaaah … Voilà ce qui me manque.
Je ne vis pas le temps passer. J’avais presque finit le livre quand la voix haut perchée de Victoria résonna dans l’avion. « Mesdames et Messieurs, nous amorçons notre descente vers New-York. "Merci de relever vos tablettes, vos sièges, et d’éteindre tous vos appareils électroniques" Oui chef !
De toute façon, j’avais l’impression que quoi qu’on me dise, rien ne pourrait assombrir cette journée. J’étais tellement contente de revoir mon frère ! Presque un an qu’on ne s’était pas vu.
Enfin si, il y avait la webcam, les textos et tout le toutim, mais c’était beaucoup mieux d’avoir mon nounours en vrai. J’étais aussi très heureuse de revoir Rosalie. Je l’avais croisée à Paris il y a environ trois mois. Elle y était pour un défilé, moi pour enseigner. Comme quoi !
Arrivée dans le hall d’attente, je cherchais des yeux la belle blonde. Manque de bol, elle n'était pas là. Pressée de la revoir, je sortis mon portable de mon sac et lui envoyais un SMS lui demandant où elle était. Elle est peut-être occupée avec Emmett …
L’engin vibrait quelques secondes plus tard. « Tourne-toi ! » m’avait envoyé ma meilleure amie. Alors, doucement, je fis demi-tour. Waouh.
- Comment tu fais pour être aussi belle ... dis-je dans un souffle.
Elle portait une splendide robe rouge sang qui moulait parfaitement son corps de déesse. Son rouge à lèvre faisait un rappel de couleur et sa magnifique chevelure or tombait en cascade dans son dos. Elle était … indescriptiblement belle.
- Bella ! Tu m'as manqué !
- Toi aussi Rose !
Je la serrais dans mes bras le plus fort possible. J’avais les larmes aux yeux.
-T'as intérêt à TOUT me raconter, s'exclama t-elle.
-Bien sûr ! répondis-je, un sourire dans la voix.
Nous nous dirigeâmes main dans la main vers sa Porsche rouge. C’était tellement bon de se retrouver !
Rosalie sera toujours Rosalie … Les cheveux dans le vent, nous roulions à la vitesse de l’éclair vers New-York.
-Bon, qu’est ce que tu me racontes de croustillant ?
-Ben … J’ai fais des cours passionnant dans de grandes écoles parisiennes et …
-Mais non patate ! Je te parle pas de ça !
-Oh ! Ben … J’ai rencontré Lucas …
-Blond ou brun ?
-Blond.
-Mais tu m’avais pas dit que t’aimais pas les blonds ?
-Ben en fait-il était cro chou … soupirais-je.
-Dis … t’es pas amoureuse, si ?
-Quoi ?! Sursautais-je. Mais non. Il était juste …
-Formidablement génial ! Devina t’elle.
-Dans le mille.
-Et il faisait quoi ?
-Prof de maths !
-Pas très sexy tout ça …
-Ah, si tu savais …
-T’es restée combien de temps avec ?
-7 mois.
-Waouh ! Un record ! D’habitude, tu les jettes au bout d’une semaine !
-Que veux-tu, les temps changent ! Me défendis-je en riant. Et toi avec Em’ ?
-Il est … Y’a pas de mots pour le dire.
-T’es sacrément atteinte dis donc !
-Que veux-tu, les temps changent ! M’imita t’elle.
-Et sinon, comment est l’appart’ ?
-Le loft tu veux dire ? S’insurgea Rose.
-Oui, le LOFT.
-Ben il est supra grand et très lumineux. Tu as trois pièces pour toi.
-Cool !
Nous continuâmes à bavarder gaiement et encore une fois, je ne vis pas le temps passer.
-Vous êtes arrivé Madame ! Dit-elle dans un grand sourire.
-Merci jeune fille, la taquinais-je.
Je levais alors les yeux vers mon nouveau chez-moi. C’était juste …
-Alors ? Demanda Rosalie. Tu aimes ou pas ? C’est peut-être un peu trop vieillot de devant non ? Si tu veux-tu pourras tout retaper. On a laissé ta chambre sobre au cas ou …
-Ne dis pas de mal de ma maison ! Criai-je un octave trop haut.
-Tu aimes ?
-Bien sûr !
Mes valises en main, j’entrais dans le loft. Juste ... Magnifique.
-A moi New-York ! Hurlais-je.
Par la fenêtre ouverte j’entraperçus notre voisin de devant. Il était très très beau. La peau mate, deux grands yeux rieurs, un corps sublime … Il riait aux éclats.
-Alors Rose, c’est elle ta meilleure amie ? Demanda t-il entre deux rires.
-Affirmatif Jake !
-Enchanté ! Cria le dénommé Jake du haut de sa terrasse. Et bienvenue !
Il se moque de moi là ou je rêve ?
-Attention monsieur Jake … Ne me sous-estime pas ! Lançais-je, amicale.
-Oui M’dame ! Bon, je te laisse t’installer … A plus !
Je sentais qu’on allait très bien s’entendre. J’adore les rigolos.
Deux heures plus tard, j’avais fini de décharger mon immense valise dans mon immense dressing. Heureusement que Rose m’avait aidé !
J’allumais mon Mac pour voir si j’avais des mails …
Hum … Ok. 7 messages. Je cliquais sur le premier, le sourire aux lèvres.
De : angelweber@hotmail .uk
A : bellswan@hotmail.uk
Sujet : Happy day
Hey chouchou ! <3
C dingue, on s’est vu y’a 3 jours et tu me manques déjà. J’t’en supplie, call me dès que tu as le temps. BsX baveux belle brune,
Angela
Chouette ! Ca c’est une amie !
-Bella, je pars à l’agence, ils m’ont appelée d’urgences !
-Ok, bisous Rose !
-Je t’appelle avant de rentrer. Fais comme chez toi !
-A plus !
J’ouvris le deuxième mail avec un creux au fond du ventre.
De : martinecleafford@orphelinathutter.uk
A : bellswan@hotmail.uk
Sujet : Bon voyage !
Chère Isabella,
Tout l’orphelinat vous souhaite une bonne carrière à New-York. Vous allez nous manquer …
Voici, pour vous aider, ou si vous avez besoin de quoi que ce soit, nous sommes là !
Très bonne continuation,
Mme Clifford.
P.S. : Passez le bonjour à votre frère de notre part !
Waouh … Ca c’était gentil. Troisième mail.
De : lucasford@gmail.fr
A : bellswan@hotmail.uk
Sujet : Remerciements
Bella,
Je dois t’avouer que ces sept mois on étés les plus beaux de ma vie.
Et c’est grâce à toi. Tu vas me manquer. Pourtant, je sais que tu n’es pas une fille qui aime être attachée, que tu veux être libre et indépendante. Je respecte ton choix.
Si tu le souhaite, appelles-moi.
Je t’embrasse,
Lucas
Ben dis-donc, j’étais gâtée aujourd’hui ! Mail suivant.
De : emmettswan@hotmail.com
A : bellsawan@hotmail.uk
Sujet : Absence
Ma Bell’s,
Vraiment désolé de ne pas pouvoir être là. Mes champions ont un match au moment où tu arrives. Je ne pouvais pas les lâcher comme ça. Je rentre vers 8h. Embrasses Rose de ma part. J’t'aime fort x) ,
Em’.
Je souris. Emmett était vraiment trop craquant. Cinquième mail.
De : carlesvancliff@ecolemillitaireparis.fr
A : bellswan@hotmail.uk
Sujet : Inscription
Chère Bella,
Tout d’abord, je tenais à vous remercier de votre présence au sein de notre école.
Je crois que les chevaux se souviendront de vous pour toujours !
Vous nous manquerez, c’est sûr. Au fait … Félicitation pour votre galop 7 !
Donc, je vous envoie ci-joint votre diplôme. Cordialement,
Carles Van Cliff.
C’est vrai que je l’avais bien mérité ce galop. J’y avais bossée comme une folle.
Les deux mails restants étaient des pubs. Même pas la peine de les regarder. Corbeille !
Je soupirais d’aise. J’adorais tous ces gens. Le sourire aux lèvres, encore une fois, je partis me doucher. Une fois cela fait, je fus prise dans un grand dilemme. Jean cigarette moulant : Ok. Chaussures à talon noires : Ok. Mais le haut ? J’en avais tellement … Je finis par en prendre un UNICLO, avec Donald dessus ( trop chou ! ). Veste noir, ray-ban à la main … Parfait ! A te voir on dirait pas une prof de littérature … La classe … Je partais prête pour la chasse aux vêtements. Et aux garçons ! Un peu de maquillage, discret. Sac Burberry. Parée.
J’ouvris donc la porte, joyeuse comme pas deux. Alors je le vis.
Il était de dos … Un courant électrique me parcourut. Grand, musclé comme il faut, avec des cheveux couleur bronze, emmêlés, à faire damner un saint ! Il portait un t-shirt noir qui montrait son dos ( splendide ! ), un jean délavé bleu. Il ne m’avait pas vu. Il criait à quelqu’un : « Sort ! Sort de chez moi ! ». Sa voix était rauque, tellement belle ! Je vis alors à qui il s’adressait. Une grande blonde à moitié nue qui tenait une pile de vêtements dans ses bras.
-Tu ne peux pas me faire ça Edward ! Après tout ce qu’on a vécu !
-Sort j’ai dit ! Rugit-il.
-Mais Eddie …
-Ne m’appelles plus JAMAIS ainsi ! Tu entends ? Ne reviens JAMAIS !
-Ce qu’a dit James est faux … minauda t’elle.
-Bien sûr ! Et moi je suis le président Sarkozy ! Hurla t-il. Sort Tanya !
Tanya finit par abandonner et elle sortit en pleurant à moitié. Il se tourna de mon côté, se pinçant l’arrête de son nez, les paupières fermées. Il était le plus bel homme que je n’ai jamais vu. Un dieu. Un visage d’Apollon … Un nez fin et droit, des lèvres pleines, des pommettes saillantes … Plus bas, des abdos et des pecs … Miam ! Je retins mon souffle lorsqu’il ouvrit les yeux. De grands yeux verts émeraude dans lesquels je me plongeais avec délice.
Il retint son souffle à son tour et m’offrit un grand sourire carnassier avant de s’engouffrer dans son appartement, me laissant en plan, hébétée.