6 mois plus tard.
Ne jamais faire pitié. Avancer coûte que coûte. C’était notre politique avec Emmett depuis qu’on avait 12
ans. Avec nos caractères bien trempés, aucun de nous de ne voulait passer pour le vilain petit canard abandonné. Non merci !
-Ouvrez n’importe quel magazine de mode. Chaque mannequin sera soit rachitique, sois maigre. La minceur est
idéalisée, et c’est presque contraignant d’être enrobée, voir même ronde ! Pour être belle, aujourd’hui, il faut avoir de beaux seins, un ventre plat, de belles jambes, des yeux de biche, un
physique idéal. Celle qui ont la chance de posséder ce corps là naturellement et qui l’entretienne, font attention à leur ligne et qui seront minces toute leur vie seront acceptées bravement dans
la société, même si elles ont la cervelle d’un petit pois. C’est à la limite du racisme corporel, toute cette maigreur, et, forcément, les femmes fortes se sentent mal dans leur peau. A plusieurs
époques, un femme belle était une femme ronde, aux seins lourds et aux hanches larges. Elles étaient le symbole de la féminité, et étaient fières de leur physique. Je voudrais donc, pour la
semaine prochaine, que vous me fassiez une rédaction d’au moins 150 lignes, avec, comme thème, la rondeur. Le protagoniste sera soit de sexe féminin, soit de sexe masculin, au choix, et devra
s’intégrer dans notre société, malgré ses rondeurs. J’accepte les scènes à caractère sexuel, du moment qu’elle ne sont pas pornographiques.
C’était la fin du cour, son apogée. Les deux heures s’étaient passées comme sur des roulettes ; j’adorais
enseigner. Je fixais mes élèves de prépa, complètement captivés et ahuris par mes paroles. Je leur souris.
-Allez, vous pouvez sortir ! Bonne fin de journée ! M’écriais-je quand la sonnerie
retentie.
Ils sortirent tous de leur léthargie, comme hypnotisés.
Ben dit-donc tu vas pas t’ennuyer à corriger tes copies la semaine prochaine !
Pour une fois, ce sera un sujet vraiment très intéressant … C’était la fin de ma journée, et, comblée, je sortais
de l’amphithéâtre, de l’enceinte, puis enfin arrivait devant la copropriété. Le loft était accolé à celui de Jacob et à celui d’un autre homme, et nous avion un escalier commun pour trois
appart’.
Je montais les marches quatre à quatre, pressée d’aller voir Jake. J’entendais des grognements provenir de
mon étage. Ben va voir andouille ! En arrivant, je LE revis. Bon dieu, encore plus beau que dans mes souvenirs. D’ailleurs, je ne sais pas comment j’avais fais pour ne plus
penser à lui. Surement à cause du bouleau. Mais là … Waouh ! Décidemment c’est ton expression favorite ! Il était tendu par l’effort, portait des cartons énormes.
Cette fois ci Bella, c’est toi qui lui cloue le bec ! Je me raclais la gorge, attendant qu’il se
retourne.
-Alice, je t’ai déjà dis que je te détestais… commença t’il en soupirant.
Il se stoppa dès qu’il se tourna, une expression ahurit peinte sur le visage.
-Vous ?!
Il ne semblait pas y croire. Ah bon ?!
-Moi même ! dis-je en un grand sourire, lui tendant la main. Isabella Swan, re-enchantée.
Ah ! Il semblait ébloui. Bien joué Bell’s !
Lorsqu’il serra ma main, un courant électrique me parcourut. Il dut le ressentir aussi car ses grands yeux verts
me regardaient avec étonnement.
-Et vous êtes Edward …
-Cullen. Edward Cullen, annonça t’il, se reprenant en main.
A mon tour d’être ahurit. Edward Cullen en personne ! Juste l’homme qui avait créé en collaboration ma marque
de vêtement préférée, Cullen & Withlock !
-Non … Pas possible. Soufflais-je.
-Comment connaissez-vous mon prénom ?
-Euh … Votre dispute avec … euh, comment déjà ? Ah oui, Tanya.
Il se raidit une demi-seconde quand il entendit le nom de la femme, puis se reprit.
-Ah oui …
Il sembla réfléchir puis s’exclama :
-Vous êtes la jeune femme d’en face !
-C’est ça ! Et … Je ne voudrais pas paraître indiscrète mais où étiez vous ces 6 derniers mois ? Je ne
vous ai plus croisé depuis.
-J’étais à Prague, pour le boulot.
-Ah … ok.
Je me creusais la tête pour trouver un sujet de discussion. En attendant, Edward me dévisageait de haut en bas.
Ah ! Ca y est. J’ai trouvé !
-Je peux vous aider pour vos cartons si vous voulez !
-Tutoyez-moi.
-A condition que tu fasses de même, dis-je, un sourire dans la voix.
-Ce serait avec plaisir, mais tu es sûre que tu réussiras à les porter ? demanda t’il, une moue craquante sur
le visage.
-Je pense, oui, rétorquais-je en priant pour que mes entraînements Wii-Fit ne sois pas inutiles.
M’avançant comme une princesse, je saisis un des cartons au hasard et le soulevait.
Jackpot !
-Waouh … souffla très doucement Edward, si doucement que je faillis ne pas l’entendre.
-Merci, dis-je, souriant jusqu’aux oreilles. Je le mets où ?
Il mit un peu de temps pour répondre puis me répondit enfin :
-Dans le salon, ça ira.
-Ok !
Attention, Bella est dans la place ! Je m’étais mis en mode « séduction » et personne ne
pouvait m’en empêcher. D’ailleurs, le beau Cullen semblait épaté. Nous n’échangeâmes pas un mot durant plus d’une heure. Il faut dire que j’évitais son regard. Les cartons enfin posés dans
l’immense salon, il me remercia froidement, ne m’accordant même pas un regard.
C’est quoi ce saut d’humeur là ?!
-A plus tard peut être !
Il semblait … pressé de me voir partir. Je m’en offusquais.
-Je vous dérange peut être ?! demandais-je, un peu trop agressive.
-Non ! Bien sûr que non ! s’écria t’il. C’est juste que ...
Il était redevenu un peu plus doux.
-J’ai beaucoup de boulot. Reprit-il, froid de nouveau.
C’est quoi son problème ?
-Ah. Bien ! m’écriais en tournant les talons.
J’allais franchir la porte lorsqu’il m’attrapa le bras. J’en frémis.
-Isabella, attend.
-Bella, corrigeais-je automatiquement en me retournant.
Plongeant dans ses yeux, j’y vis une lueur étrange, qui en assombrissait le vert resplendissant.
Du … désir ? Il était tellement beau à cet instant que je voulais lui sauter dessus.
Ben toi c’est pas mieux. Tu veux lui sauter dessus. Et ses lèvres qui m’appelaient …
Nous poussâmes un gémissement en même temps et nos lèvres se rejoignirent avec un besoin pressant. Les siennes
étaient si douces … Kyyyaaaaaa ! Je m’accrochais à lui comme à une bouée de sauvetage. Je ne voulais plus m’en détacher. Attends Bella … Tu peux le faire ! Reprends le
contrôle ! Non, je ne peux pas ; ma volonté est réduite à néant face à lui.
J’étais scindée en deux : la partie douce et tendre que je m’efforçais de cacher en sa présence ne pouvait –
et ne voulait – plus se détacher de lui ; il était une sorte de nicotine indispensable, et la partie sûre d’elle, dominatrice, voulait ce détacher. Douce Bell’s : 1 Bell’s
sauvage : 0. Waouh waouh waouh … Je m’accrochais à lui de toutes mes forces quand soudain, plus rien, le vide. Quoi ? Je rouvris les yeux, surprise.
Il s’était retiré, ses yeux étaient redevenus froids, mais toujours avec cette lueur sombre.
Un sourire en coin étira ses lèvres. Il s’approcha de mon oreille et me murmura « A bientôt
Bella … ». Il déposa un chaste baiser sur mes lèvres puis me claqua la porte au nez.
HEIN ?! C’ETAIT QUOI CA ??
Point de vue d’Edward, 6 mois plus tôt
« When I meet you again … » commença à chantonner mon Iphone.
-Allo ?
-Edward ? C’est James.
-Ah. Salut. Qu’est ce que tu veux ?
-Je voulais te dire …
-Oui ?
-Ben, euh …
-Accouche … soupirais-je.
-C’est assez compliqué mais …
-James, grondais-je, j’ai pas le temps là.
-Tanya … te trompes avec moi.
Je restais figé sur place. Bon d’accord, Tanya et moi ça n’était pas sérieux ; on ne s’aimait pas d’amour et
tout. C’était juste pour le plaisir et la couverture des magazines.
Les règles étaient simples, comme dans un vrai couple :
-
N’être avec personne d’autres
-
Toujours être sincère.
Alors là … Elle était à moitié nue dans mon lit ; sur le coup de la fureur, je lui hurlais de partir de
chez moi. « Sort, sort de chez moi ! »
-Tu ne peux pas me faire ça Edward ! Après tout ce qu’on a vécu !
-Sort j’ai dit !
-Mais Eddie …
-Ne m’appelles plus JAMAIS ainsi ! Tu entends ? Ne reviens JAMAIS !
-Ce qu’a dit James est faux … minauda t’elle.
-Bien sûr ! Et moi je suis le président Sarkozy ! Hurlais-je. Sort Tanya !
Tanya finit par arrêter de protester et elle sortit en pleurnichant. Je me tournait lentement, me pinçant l’arrête
de son nez, les paupières fermées, mon attitude de stress et de réflexion. Lorsque je les rouvris, je la vis.
La plus belle créature de l’univers. De longues jambes fines, un ventre plat, une poitrine magnifique, de minces épaules, un cou
gracieux. Une paire de Ray-Ban polive tenue dans une main fine et discrètement manucurée, dans l'autre un sac que je devinais être un Burberry. Un jean moulant et chaussures à talon. Haut blanc
avec Donald dessus. Une chevelure brune splendide, de larges pommettes, des lèvres pleines, un regard chocolat d’une profondeur extrême. Moi qui était d’habitude un séducteur, là ça se voyait
qu’elle en était une aussi, et j’étais désemparé devant cette beauté. Mais comme je resterais toujours celui que je suis, le « sérial-dragueur » de New-York, je lui offrit – avec un
effort considérable pour masquer mes pensées - un large sourire et rentrait dans mon appartement, frustré malgré tout.
6 mois plus tard
-’Tain ! jurais-je tout bas.
A peine levé de mon siège, l’hôtesse – une certaine Victoria qui m’avait offert de loyaux services aux toilettes –
m’agrippait par la veste.
-Si tu pouvais lâcher ma veste Hugo Boss, ça m’arrangerais !
-Oh, Eddie, soit pas aussi dur …
Hein ?! Mais qu’est-ce qu’elles avaient toutes à m’appeler ‘Eddie’ ? C’est moche et très peu stylé en
plus. Bon ok, Victoria était … pas mal du tout, mais là elle me saoulait grave.
-Dit Victoria, je te donneà mon numéro et tu me lâches OK ? demandais-je, tout à trac.
Zut ! Pourquoi je lui donne mon numéro ! Champion Cullen …
Elle va me harceler jusqu’à la fin de mes jours maintenant !
-Suuper ! Susurra t’elle. Vive toi !
Après un cour échange de numéro, je finis par sortir de cet avion de malheur. Pffiou …
Enfin à la maison. Ca m’a manqué !
Mes défilés à Prague étaient crevants. Et ce satané Jasper était déjà en train de flirter dans New York
!
Moi, j’étais plutôt genre nomade, comme lui. Les sédentaires, pas pour moi ! Oublie pas que tu as
rendez-vous avec ta sœur ce soir gros dragueur ! Wark !
Une heure après, j’étais enfin devant chez moi, attendant les cartons qu’Alice devaient m’amener. Une dizaine de
minute plus tard, je vis au moins cinq déménageurs apporter des tonnes de cartons devant ma porte. Un mot écrit en énorme collé sur le premier « Sorry chéri ... tu sais bien que je suis
trop petite pour porter tout ça ! ;) Je te laisses faire le gros bras ! <3 A toute, ta sœur Alice ». Cloué sur place, je regardais à travers l’œillet partir un à un les colosses,
délestés de leurs chargements de trois tonnes. Chouette, une séance de muscu’ ! J’ouvris la porte doucement, craignant une autre surprise de mauvais goût ; rien à gauche, rien
à droite. Alors, peinant comme un fou, grognant comme un homme de Cro-Magnon, je déplaçais les cartons dans le salon.
« Paf, paf, paf ! ». Des talons hauts. Enfin, Alice était revenue !
-Alice, je t’ai déjà dis que je te détestais… Dis-je en soufflant.
Me retournant pour regarder en face ma sœur maudite, je LA revis. Estomaqué.
-Vous ?!
J’avais un ton surpris. Je ne pouvais pas croire que je l’avais oubliée. Certainement à cause de toutes les
autres filles que tu fréquentes … Mais elle, elle était juste splendide !
-Moi même ! m’annonça t’elle, un grand sourire aux lèvres, me tendant la main. Isabella Swan,
re-enchantée.
Hum … C’est moi ou il fait chaud tout d’un coup ?
Lorsque je lui serrais, un courant électrique me parcourut. Je la regardais, étonné. Ca
alors !
-Et vous êtes Edward … me demanda t’elle.
Elle connaît mon prénom ?!
-Cullen. Edward Cullen, annonçais-je à mon tour, plus sûr de moi d’un coup.
Son expression me surpris. Elle semblait aussi estomaquée que moi tout à l’heure.
-Non … Pas possible. Souffla la belle.
-Comment connaissez-vous mon prénom ? demandais-je, surpris de plus belle.
-Euh … Votre dispute avec … euh, comment déjà ? Ah oui, Tanya.
Je me raidit une demi-seconde en entendant le nom de cette … Bref. Je me repris.
-Ah oui …
Je fis mine de réfléchir, histoire de ne pas lui montrer que j’avais pensé à elle sans relâche les trois jours
suivants après notre rencontre.
-Vous êtes la jeune femme d’en face ! M’écriais-je.
-C’est ça ! Et … Je ne voudrais pas paraître indiscrète mais où étiez vous ces 6 derniers mois ? Je ne
vous ai plus croisé depuis.
Elle pense à moi alors ?! Elle m’a pas oublié !
-J’étais à Prague, pour le boulot.
-Ah … ok.
Un gros blanc s’installa. Ne me donnant pas la peine de trouver un sujet de discussion, je la contemplais de bas
en haut, sans gêne. J’suis pas un Cullen pour rien !
-Je peux vous aider pour vos cartons si vous voulez !
-Tutoyez-moi.
Je ressentais l’étrange besoin d’être plus proche d’elle. Wow, space !
-A condition que tu fasses de même, dit-elle, un sourire dans la voix.
-Ce serait avec plaisir, mais tu es sûre que tu réussiras à les porter ?
Mais quel macho ! J’étouffais mon rire par une sourire ; avec ses bras frêle, porter les
cartons d’Alice ?! Jamais de la vie !
- Je pense, oui, rétorqua t’elle, me surprenant au plus au point.
S’avançant comme une princesse, elle saisit un des cartons et le soulevait. Sûre d’elle en
plus.
-Waouh …
Je le dis très doucement ; je ne voulais pas qu’elle entende, mais c’était sortit tout seul.
-Merci. Je le met où ?
Celle-là il me la faut ! Elle m’accordait le plus beau des sourires du monde.
-Dans le salon, ça ira.
-Ok !
Pendant presque une heure, nous ne parlâmes pas. Moi je ne pouvais m’empêcher d’admirer cette splendide jeune
femme. Edward ! Tu te rends compte qu’elle te chamboule complet ? Te laisses pas avoir ! Les cartons enfin déplacés, je décidais d’être froid pour la faire
fuir.
-A plus tard peut être !
Je me voulais pressant, excédé.
-Je vous dérange peut être ?! S’écria t’elle, sur la défensive.
-Non ! Bien sûr que non ! C’est juste que …
Comment pouvait-elle penser qu’elle me dérangeaient ?
Edward, reprend-toi ! Chasse là !
-J’ai beaucoup de boulot, repris-je, froid de nouveau.
-Ah.
Bien !
Déjà elle tournait les talons vers la porte. Elle était vexée.
Ne pouvant plus y tenir, je lui attrapais le bras. Encore un courant électrique …
-Isabella, attend.
-Bella, corrigea t’elle en se retourna.
Argh ! Tu la désires Cullen ! Ca oui. Comment ne pas la désirer ?
Je voulais me jeter sur elle et l’embrasser sans relâche. Mayday, Mayday, on a perdu
Cullen ! Nous poussâmes un gémissement en même temps et nos lèvres se rejoignirent très vite. Je ne pouvais plus tenir. Ses bras fins s’enroulèrent autour de mon cou. Mmm …Je ne
me reconnaissais plus.
J'étais un personnage obscur, un dragueur en série, un beau gosse, comme vous voudrez ; mais le vrai Edward, celui
tout au fond de moi que seule ma famille et mon meilleur ami Jasper connaissait ; le gentil, l'émouvant Edward refaisait surface à cause de cette merveilleuse inconnue, et je ne voulais pas ça.
En face d'elle, j'étais FAIBLE. La voix dans la tête me hurlait d’arrêter. Non ! Reprend-toi ! Ok ! Courage Edward ! Je me retirais avec toutes les peines du monde. Joue la sadique ! Un sourire en coin étira mes lèvres. Maintenant, rentre
à la maison ! Alors, hautain, je rentrais chez moi, lui claquant la porte au nez. Je m’effondrais sur mon lit, mis mes écouteurs. « I will always love you »
de W.Houston – comme par hasard ! – débuta. Je n’avais pas la force de l’arrêter. Comment Bella pouvait-elle m’obséder à ce point ? Nous ne nous connaissions presque pas
…
“If I should stay
I would only be in your way
So I'll go but I know
I'll think of you every step of the way
And I will always love you
I will always love you
You, you, my darling you
Bittersweet memories
That is all I'm taking with me
So goodbye Please don't cry
We both know I'm not what you
You need
I hope life treats you kind
And I hope you have all you dreamed of
And I wish to you joy and happiness
But above all this, I wish to you love
I will always love you
You, darling I love you
Oh, I'll always, I'll always love you”
Bella, Bella, Bella. Je ne pensais plus qu’à elle. Elle m’obsèdais. Je n'aurais jamais dû la rejeter. Je la
voulais.
Mais qu’est ce qui m’a pris d’écouter la
voix ?!
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